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Perspectives

14/09/2010 Khaled Abu Toameh : Il faut d’abord stopper les ennemis de la paix

par Khaled Abu Toameh

Le principal péril pour le processus de paix n’est pas un poste de contrôle israélien ou un nouvel ensemble de logements dans une colonie de Cisjordanie, mais les menaces provenant des forces maléfiques dans la bande de Gaza, à Damas, à Beyrouth et à Téhéran.

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Dossiers

08/12/2008 Gaza et le droit international

par Comité Québec-Israël

Les juristes Avi Bell et Justus Reid ont produit un document pour le Jerusalem Center for Public Affairs réfutant les allégations voulant que les mesures contre-terroristes israéliennes à Gaza violent le droit international et soutenant que ce sont plutôt les actions du Hamas et autres groupes armés palestiniens qui contreviennent au droit international.

A titre d’exemple, les auteurs soutiennent que les attaques ciblées sur les civils israéliens par les groupes armés palestiniens violent la règle de distinction entre cibles militaires et civiles enchâssée dans le droit international, alors qu’Israël ne cible que des objectifs militaires légitimes.

Autre exemple, Bell et Reid soutiennent que les sanctions économiques et le bouclage de la frontière avec Gaza sont légaux puisque le droit international permet de telles mesures non-belligérantes contre un territoire hostile, y compris la suspension de l’aide. De plus, les juristes soutiennent qu’à l’instar de l’Égypte, Israël peut fermer ses frontières avec Gaza en toute légalité, car rien dans le droit international n’oblige un État à ouvrir ses frontières à un voisin belligérant.

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Actualités

29 novembre 1947 : La communauté internationale fonde la légitimité de l’État juif

par Ilan Greilsammer, Université Bar-Ilan (Israël)
03/12/2007

Lorsque la seconde guerre mondiale prit fin et que le monde entier découvrit les atrocités de la Shoah, un grand espoir se répandit parmi les Juifs : que la Grande-Bretagne, qui exerçait son mandat sur la Palestine depuis 1922, ouvre enfin les portes de ce territoire aux réfugiés et survivants des camps de la mort, mette fin à sa politique antisioniste d’avant-guerre, et permette la naissance d’un Etat juif.

Malheureusement, le gouvernement travailliste qui se mit en place en 1945, sous la direction de Clement Attlee et Ernest Bevin, non seulement entérina les termes draconiens du Livre Blanc de 1939, mais restreignit de façon encore plus sévère l’immigration juive. Dès l’automne 1945, les organisations de résistance juive, Haganah, Irgoun, Lehi commencèrent à mener une lutte à outrance contre la présence des Anglais sur le territoire : attaques de postes militaires, arrivée de navires clandestins, dynamitage de voies ferrées et de bateaux britanniques…Le combat juif atteint son apogée en juillet 1946, lorsque l’Irgoun, dirigé par Menahem Begin, provoque l’explosion de l’Hôtel King David à Jérusalem, explosion qui causa 80 morts. Ces attentats furent suivis d’une terrible répression.

Mais peu à peu, l’opinion anglaise commença à se lasser des mauvaises nouvelles qui lui venaient du Moyen-Orient. Le but de la guerilla juive était atteint : les Britanniques comprenaient enfin que le mandat sur la Palestine ne leur apportait que des déboires, et ils décidèrent de se « décharger » de ce fardeau sur la nouvelle organisation internationale née en 1945, l’ONU. Celle-ci décida d’envoyer sur le terrain, à l’été 1947, une commission d’enquête de 11 membres, l’UNSCOP, chargée de faire le point sur la situation et de présenter ses recommandations à l’Assemblée Générale des Nations Unies. Ce Comité appliqua très consciencieusement les instructions qu’il avait reçues. En Palestine, il interviewa et écouta les doléances de tous les secteurs de la communauté juive et de la communauté arabe, et parvint à des conclusions claires et tranchées : la poursuite du mandat n’avait pas de sens, et il était inconcevable que Juifs et Arabes de Palestine puissent un jour « coexister » dans un même Etat, dans lequel les juifs seraient, nécessairement, une minorité persécutée. Aussi l’UNSCOP recommanda à l’Assemblée Générale d’approuver un « plan de partage » de la Palestine en deux Etats souverains, un juif et un arabe. Pour la communauté juive de Palestine, cette recommandation était un évènement formidable, puisque, pour la première fois il était question de créer un Etat juif souverain, objectif du mouvement sioniste depuis sa naissance à la fin du 19è siècle, sous la houlette de Théodore Herzl.

Mais l’Assemblée Générale de l’ONU allait-elle entériner cette recommandation ?

L’ONU de 1947 était très différente des Nations Unies d’aujourd’hui. L’organisation ne comptait encore qu’un peu moins de 60 Etats-membres, puisqu’on se trouvait avant le grand mouvement de la décolonisation et l’accession de nouveaux Etats à l’indépendance. Au sein de l’Assemblée, le « bloc » arabe était monolithique dans son opposition acharnée à la recommandation de l’UNSCOP. Surtout, le vote de nombreux Etats, à commencer par les Etats-Unis, l’URSS, la France et l’Angleterre, sans compter celui d’Etats d’Amérique latine ou d’Asie était imprévisible. On était en pleine guerre froide, et les USA et l’URSS étaient à couteaux tirés…L’ensemble des communautés juives dans le monde, les personnalités juives et non-juives les plus célèbres, tout le monde fut mobilisé pour inciter les gouvernements à se prononcer pour le « oui » le jour du vote crucial. Un exemple : Haim Weizmann, chef de l’organisation sioniste, réveilla en pleine nuit l’homme d’Etat français Léon Blum, âgé et très malade, pour qu’il supplie le premier ministre Georges Bidault de faire voter son pays en faveur de la recommandation !

Un facteur déterminant du vote positif sera l’attitude tout-à-fait surprenante de Staline, qui donna pour instruction à son délégué à l’ONU de voter « oui » et d’inciter les satellites de l’Union soviétiques à faire de même. Pourquoi ? Sans doute parce qu’à l’époque, Staline pensait qu’un Etat juif socialiste mettrait des bâtons dans les roues à la domination occidentale, et particulièrement britannique, dans le monde arabe. Staline pensait, apparemment que l’Etat juif se rangerait aux côtés de l’Union soviétique… En pleine guerre froide, les USA et l’URSS vont ainsi se retrouver dans le même camp, celui du « oui » !

Le 29 novembre 1947 eut lieu le vote sur le plan de partage. En Palestine, les Juifs étaient littéralement « suspendus » à leur poste de radio tandis que le speaker de l’Assemblée générale des nations unies égrenait les noms des pays votants et enregistrait leur « yes » ou leur « no ». A la fin du pointage, les dés étaient jetés : 33 pays avaient voté en faveur de la naissance de l’Etat juif (et de l’Etat arabe), 13 s’y étaient opposés, et 10 Etats s’étaient abstenus. Immédiatement, les foules juives sortirent dans les rues, dans toutes les villes de Palestine : à Tel-aviv, à Jérusalem, à Haifa, et partout ailleurs, dans les kibboutzim et dans les mochavim (fermes collectives). Les gens chantaient, dansaient, riaient, pleuraient. Le peuple juif tout entier était en liesse, car la Communauté internationale, par le vote de son organe représentatif, avait donné sa légitimité à l’Etat juif à venir.

Certes, tout n’était pas réjouissant et rassurant. Les contours des deux Etats à naître étaient complexes, enchevêtrés, biscornus et on voyait mal quelle serait leur viabilité. L’Etat juif devait comprendre l’est de la Galilée, le nord de la Vallée du Jourdain, les vallées de Beth-Shean et de Jezréel, la plaine côtière à partir du sud de Saint Jean d’Acre jusqu’à Rehovot, et le Négev. Jérusalem aurait un régime indépendant et le reste du pays serait constitutif de l’Etat arabe de Palestine. Ce découpage n’était pas du tout enthousiasmant mais Ben-Gourion l’accepta, puisque c’était la condition (bien entendu ces « frontières » seront totalement bouleversées par la guerre de 1948-49).

Mais surtout, le monde arabe, exaspéré à la suite du vote de l’ONU, déterra la hache de guerre. Pour les Arabes, il était inconcevable qu’une partie de la Palestine, terre arabe et musulmane, soit ainsi remise à la souveraineté juive. La guerre était inévitable, et dès le soir du vote de l’ONU les préparatifs militaires arabes ne cessèrent de s’intensifier. Lorsque le 14 mai 1948 David ben Gourion proclamera la naissance d’Israël, l’ensemble des armées arabes attaquera le nouvel Etat pour tenter de le rayer de la carte. On connaît la suite de l’histoire : l’armée juive remporta une victoire éclatante, et les nouvelles lignes de démarcation furent fixées dans les accords d’armistice de Rhodes, en 1949. Elles resteront en vigueur jusqu’en 1967.

Ilan Greilsammer est professeur de science politique à l’Université Bar-Ilan (Israël)

Mots clés : Ilan Greilsammer | Perspectives | Résolution 181 |