Les griefs arabes envers la République islamique d’Iran
Les conflits qui sévissent au Moyen-Orient sont-ils le résultat d’une crise dans les relations entre Washington et Téhéran ou le produit des ambitions expansionnistes de l’Iran et de son interférence dans les affaires arabes depuis plus de vingt ans, demande Tariq Alhomayed, rédacteur en chef du quotidien Asharq al-Awsat(*).
Dans un éditorial publié le mois dernier dans l’influent quotidien pan-arabe imprimé à Londres, le journaliste saoudien offre en guise de réponse une liste de griefs arabes envers ’Iran - un rappel que la montée en puissance du régime chi’ite inquiète d’abord et avant tout ses voisins arabes immédiats.
L’Iran, soutient Alhomayed, « occupe les îles des Émirats arabes unis dans le Golfe arabe [sic], tandis que les collaborateurs iraniens déchirent Beyrouth en deux, tout en cherchant à y restaurer l’occupation syrienne sous tutelle iranienne ».
De plus, dénonçe-t-il, Téhéran occupe le cÅ“ur de l’Iraq et ses prériphéries et constitue « l’épine dorsale du Hamas, qui est responsable de la division des rangs palestiniens ». Pis encore, l’Iran parlerait désormais au nom de la cause palestinienne, laquelle l’ancien président iranien Hashemi Rasfanjani tentait encore tout récemment d’incorporer dans le lexique de la Révolution islamique afin de galvaniser l’opinion publique iranienne et de recruter des terroristes.
L’Iran, continue Alhomayed, s’ingère dans les élections d’États arabes, notamment au Bahreïn, qu’un conseiller du Guide suprême iranien a jugé inséparable de l’Iran plus tôt cette année.
Alhomayed accuse aussi l’Iran d’embrasser certains leaders d’Al-Qaïda, de perturber les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan, ainsi que de de provoquer et d’orchestrer des conflits sectaires dans la région, la « noyant dans une mer de sang ».
Mais c’est le programme nucléaire iranien qui préoccupe le plus Alhomayed. L’Iran, qui s’apprête à « dévorer l’Iraq » avec le soutien de la Syrie, gagnera encore davantage de puissance de sa nucléarisation pour dominer la région et faire main basse sur le pétrole irakien, prévient-il.
Alhomayed conclut en soutenant que l’heure n’est plus aux négociations avec l’Iran, mais à la formation d’une coalition internationale pour contrer la course aux armes nucléaires de l’Iran. Négocier avec Téhéran, écrit-il, envoie un mauvais signal à Téhéran et annonce de nouvelles crises prolongées dans la région.
(* ) Asharq al-Awsat, (« Le Moyen-Orient », en arabe) se veut le "quotidien international des Arabes". Il est publié par Saudi Research and Marketing Ltd., présidé par le prince saoudien Salman, frère du roi Abdallah. Ses analyses sont fréquemment reprises dans des publications internationales comme le Courrier International.






