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Perspectives

14/09/2010 Khaled Abu Toameh : Il faut d’abord stopper les ennemis de la paix

par Khaled Abu Toameh

Le principal péril pour le processus de paix n’est pas un poste de contrôle israélien ou un nouvel ensemble de logements dans une colonie de Cisjordanie, mais les menaces provenant des forces maléfiques dans la bande de Gaza, à Damas, à Beyrouth et à Téhéran.

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Dossiers

08/12/2008 Gaza et le droit international

par Comité Québec-Israël

Les juristes Avi Bell et Justus Reid ont produit un document pour le Jerusalem Center for Public Affairs réfutant les allégations voulant que les mesures contre-terroristes israéliennes à Gaza violent le droit international et soutenant que ce sont plutôt les actions du Hamas et autres groupes armés palestiniens qui contreviennent au droit international.

A titre d’exemple, les auteurs soutiennent que les attaques ciblées sur les civils israéliens par les groupes armés palestiniens violent la règle de distinction entre cibles militaires et civiles enchâssée dans le droit international, alors qu’Israël ne cible que des objectifs militaires légitimes.

Autre exemple, Bell et Reid soutiennent que les sanctions économiques et le bouclage de la frontière avec Gaza sont légaux puisque le droit international permet de telles mesures non-belligérantes contre un territoire hostile, y compris la suspension de l’aide. De plus, les juristes soutiennent qu’à l’instar de l’Égypte, Israël peut fermer ses frontières avec Gaza en toute légalité, car rien dans le droit international n’oblige un État à ouvrir ses frontières à un voisin belligérant.

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Actualités

PERSPECTIVES

Un quartet arabe est-il possible ?

par Prof. Bruce Maddy-Weitzman, Centre Moshe Dayan
08/02/2007

L’influence et l’assurance grandissantes de la République islamique d’Iran (d’obédience chiite) au Proche-Orient et dans la région du golfe Persique inquiètent de plus en plus ses voisins arabes sunnites. Plusieurs voient en effet la main de l’Iran dans les conflits qui secouent le Liban, l’Irak et les territoires palestiniens.

S’ajoutant à l’accélération du programme nucléaire iranien, aux appels en faveur de l’élimination d’Israël et aux activités hautement médiatisées visant à nier l’existence de l’Holocauste, le comportement de l’Iran, vu du Caire, de Riyad, d’Amman et de certains quartiers de Beyrouth, présente une menace à la stabilité régionale, mais encore plus à leur propre sécurité et à leur survie.

À Washington, Jérusalem et Londres, on note un intérêt certain pour la formation d’un « quartet arabe » regroupant l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Jordanie et les principautés du Golfe, quartet qui viendrait compléter le travail de l’actuel quartet international (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) sur les questions du Moyen-Orient et qui pourrait concerter ses efforts avec lui.

Est-ce qu’un tel regroupement est possible et viable ?

Intérêts communs

Ces entités ont des intérêts communs considérables, notamment :

 • stopper la descente aux enfers de l’Irak et la montée parallèle du pouvoir chiite dans ce pays ;
 • au Liban, soutenir le premier ministre libanais Siniora devant les tentatives de renversement de son gouvernement par une coalition menée par le Hezbollah et soutenue par la Syrie ;
 • mettre un frein à l’anarchie grandissante dans les zones administrées par l’Autorité palestinienne en soutenant une forme quelconque de gouvernement d’unité nationale ;
 • remettre sur les rails les négociations de paix entre Israël et le monde arabe, depuis longtemps enlisées, idéalement à partir des résolutions du Sommet arabe de Beyrouth de 2002.

Toute avancée sur l’un ou l’autre de ces fronts contribuerait à affaiblir les prétentions de l’Iran d’imposer son hégémonie à l’échelle régionale.

Mais obstacles nombreux

Même si les intérêts communs de ces pays semblent appeler la formation d’une alliance solide, il n’en reste pas moins que les obstacles à la création d’une telle alliance sont nombreux. Les

capacités politiques, économiques et militaires de chacun des trois États non arabes du Moyen-Orient (la Turquie, l’Iran, Israël) surpassent en effet celles de l’Égypte, leader historique du monde arabe. Théoriquement, le mariage du capital arabe saoudien et des États du golfe Persique, d’une part, et du poids démographique, culturel et stratégique de l’Égypte, d’autre part, pourrait créer un pôle d’égale puissance, mais les Arabes de la Péninsule, chaque fois qu’on leur a proposé une initiative pouvant porter atteinte à leur souveraineté et à la maîtrise de leur richesse pétrolière, ont toujours refusé les avances de l’Égypte.

Par ailleurs, les exemples d’une érosion de l’influence régionale de l’Égypte au cours des dernières années ne manquent pas. Ainsi, le parrain américain de Mubarak a totalement ignoré le conseil que celui-ci lui donnait de ne pas envahir l’Irak en 2003 ; les efforts diplomatiques intenses de l’Égypte sur la scène palestinienne interne et dans le conflit israélo-palestinien ont donné des résultats négligeables ; enfin, la Ligue arabe, présidée par l’ancien ministre des Affaires étrangères égyptien, Amr Moussa, s’est révélée une coquille vide, comme l’a récemment illustré l’échec des efforts de médiation de ce dernier pour dénouer la crise politique au Liban.

D’autre part, la situation intérieure de l’Égypte peut difficilement être qualifiée de reluisante. La question de la succession à la tête de l’État pèse de plus en plus lourd dans la vie politique du pays, les Frères musulmans, premier groupe d’opposition, ont encore accru leur influence et le régime maintient son style autocratique et brutal de gouvernance. Enfin, l’aptitude de groupes affiliés à al-Qaïda de continuer de frapper des sites touristiques à l’intérieur du Sinaï constitue une source permanente d’embarras.

Le poids de la Syrie

La coopération égypto-saoudienne sur les questions d’intérêt régional à l’époque post-Nasser a été la plus efficace lorsqu’elle comportait un troisième pilier : la Syrie. En octobre 1973, les Saoudiens ont donné leur appui à la guerre égypto-syrienne menée contre Israël ; en 1976, les trois pays en sont arrivés à une entente importante, bien que temporaire, sur le Liban et la diplomatie arabo-israélienne ; en 1990-1991, l’Égypte et la Syrie ont procuré une essentielle légitimité arabe à la décision des Saoudiens de demander l’aide des États-Unis pour faire face à Saddam Hussein et évincer ses troupes du Koweït ; les trois pays se sont ensuite concertés avec les États-Unis au moment où ces derniers lançaient les négociations israélo-arabes dans le cadre de la Conférence au sommet de Madrid.

Toutefois, au cours des trois dernières décennies, les intérêts et les choix politiques de la Syrie l’ont souvent mise en opposition avec l’une ou l’autre ou les deux autres « grandes » puissances arabes, de sorte que leur coopération devint au mieux sporadique. Ainsi, aucun de ces États ne voyait d’un bon oeil la domination de la Syrie sur le Liban et ont tenté à quelques reprises de contrecarrer ses plans dans ce pays. Le rejet catégorique par la Syrie du traité de paix israélo-égyptien a laissé un goût amer au Caire, alors qu’à peu près à la même époque, l’alliance de la Syrie avec l’Iran (non arabe) dans sa guerre contre l’Irak (arabe) dans les années 1980 a relégué la Syrie au rang d’un État quasi-paria au sein du monde arabe.

Sous la conduite de Bashar el-Assad, la finesse dont savait faire preuve feu son père dans l’évitement des ornières et des champs de mines de la diplomatie régionale est devenue chose du passé. Le nouveau président syrien s’est campé sans scrupule dans une position nationaliste arabe militante sur la plupart des questions, tout en resserrant ses relations et en augmentant même sa dépendance à l’égard de l’Iran. Le soutien sans réserve apporté par le président Assad aux groupes palestiniens radicaux, ses interventions virulentes lors des conférences arabes au sommet, l’implication syrienne apparente dans le meurtre du premier ministre libanais Rafiq al-Hariri et le soutien moral et matériel fourni

par Assad au Hezbollah ont envenimé le climat au point où Damas peut à peine parler à ses voisins arabes. Pendant ce temps, le chaos s’installe chaque jour un peu plus en Irak et l’incapacité ou l’absence de volonté apparente de la Syrie d’arrêter le mouvement des hommes et du matériel en provenance de son territoire vers les insurgés sunnites irakiens continue d’attiser la colère des États-Unis (paradoxalement, ce soutien vient en contradiction avec l’inquiétude de certains milieux arabes de voir la Syrie s’intégrer volontairement à un « croissant chiite » si redouté s’étendant de Téhéran à Beyrouth).

Changement de régime ?

Compte tenu de la position minoritaire et discordante de la Syrie parmi les États arabes, on peut penser que la mission première de l’éventuel quartet serait de détourner la Syrie de son alliance avec l’Iran et de la rapprocher de la position des autres États arabes, en commençant par le Liban. Mais depuis le début, la Syrie a considéré son alliance avec la République islamique d’Iran comme stratégique et semble de plus en plus dépendante de son aide et de son soutien, aussi bien au Liban (le jardin avant de la Syrie) qu’ailleurs dans la région.

Agacés par les « bizarreries » du président Assad, les Saoudiens envisagent la possibilité de mousser l’idée d’un changement de régime au sein d’une tranche dissidente de l’élite syrienne. Les chances de réussite apparaissent toutefois faibles pour le moment. Dans le même temps, plusieurs politiciens et observateurs arabes et occidentaux ont exprimé la crainte qu’une déstabilisation de la Syrie n’entraîne l’arrivée au pouvoir d’un régime islamiste (sunnite) radical, cette crainte faisant en sorte que leur gouvernement hésite à attaquer de front le régime de Bashar el-Assad.

Dans tous les cas, et même dans les périodes les plus favorables, les coalitions arabes ont toujours été plutôt « lâches », regroupant des adversaires aussi bien que des alliés, chaque État préservant jalousement ses prérogatives et cherchant à se ménager le plus d’espace possible pour agir à son gré, ce qui ne favorise pas des interventions stratégiques concertées.

Les conditions actuelles ne semblent pas favoriser la mise sur pied d’un quartet arabe efficace. Les régimes arabes sunnites devront donc continuer de composer de leur mieux avec un environnement régional de plus en plus complexe, réduits qu’ils sont à procéder au cas par cas pour régler des problèmes précis, tout en restant largement dépendants de la communauté internationale pour freiner les ambitions de l’Iran et en bénéficiant d’une influence et d’un effet de levier limités auprès des décideurs occidentaux.

Mots clés : Analyse | Conflits moyen-orientaux | Perspectives | Relations israélo-arabes |