Vous avez dit « cynisme » et « déshumanisation » ?
La Presse et l’« Abu Ghraïb » israélien

Agnès Gruda se scandalise aujourd’hui dans La Presse au sujet de « deux photos publiées sur Facebook [qui] viennent de mettre l’opinion publique israélienne en émoi ».
Difficile d’avoir manqué ces deux photos qu’une jeune soldate israélienne a publiées sur sa page Facebook où on l’aperçoit souriante, en compagnie de prisonniers palestiniens aux mains liées et aux yeux bandés.
Loin de nous de vouloir cautionner le manque évident de jugement de cette soldate. Et à sa décharge, Mme Gruda reconnaît qu’ « on est loin d’Abou Ghraib » et admet même que « la jeune soldate israélienne ne cherche pas à humilier les détenus ».
Ce qui n’empêche pas la journaliste chevronnée de pontifier sur « cet esprit de corps fondé sur le cynisme ordinaire, la banalisation de la violence et la déshumanisation de l’ennemi », citant à l’appui quelques incidents anecdotiques dont ce monstrueux vidéo de soldats israéliens dansant dans une rue déserte de Hébron.
Rien de moins.
Rue St-Jacques, Mme Gruda est considérée comme l’experte sur Israël.
A ce titre, elle n’ignore pas que l’armée israélienne est une armée de conscrits, soit le reflet de la société israélienne. Elle sait aussi que ce qu’on appelle l’opinion publique israélienne est donc constituée en grande partie de ces hommes et de ces femmes qui font ou ont fait leur service militaire.
Si vraiment Mme Gruda croit que l’armée israélienne est devenue à ce point cynique et méprisante à l’endroit des Palestiniens, comment explique-t-elle donc que l’opinion publique israélienne puisse s’en émouvoir ?
Comme quoi la déshumanisation de la société israélienne ne s’embarrasse guère de logique et de cohérence.






